IL BLOCCO D’OSSIDIANA





Chiunque abbia maneggiato un blocco d’ossidiana sa fino a che punto, oltre alla facilità con cui rischia velocemente di tagliarsi, il grasso naturale delle dita possa lasciare delle impronte sgraziate. Lo splendore del levigato assolutamente perfetto di questo vetro nero, unito all’estensione delle superfici piane, inclina l’ossidiana a comportarsi come una strana pietra porta-impronte. Ma quando l’appassionato di pietre deplora questo fatto e, armato di uno straccio, si affretta a rimuovere le tracce delle dita, capisce all’improvviso che l’impronta era già presente, ancor prima che egli avesse toccato il blocco, e che non potrà pulirla. L’impronta, o meglio le impronte: ossia tutte le scheggiature, le minime superfici spezzate che designano strane forme concave, come se una mano improbabile avesse lasciato il marchio delle proprie dita sulla materia fondente e ancora malleabile. La mineralogia, da parte sua, per descrivere una forma che somiglierebbe a una conchiglia, parla di rottura concoide perfetta. È tuttavia tramite la punta delle dita che si sviluppa un dramma della somiglianza, il quale si compiace per altro a mescolare, in un’impossibile anatomia, le due superfici offerte da tali estremità: lato polpa (l’«impronta digitale» propriamente detta), e bisogna vedere tutta la rete di delicate ondulazioni concentriche che seguono la curvatura del frammento, e lato unghia, se si presta attenzione alle finissime strie parallele che si concentrano sul perimetro. Impronta su impronta.

Bertrand Prévost
Traduzione di Filippo Bruschi


Quiconque a déjà manipulé un bloc d’obsidienne sait à quel point, outre la facilité avec laquelle on risque vite de se couper, la graisse naturelle des doigts peut laisser des marques disgracieuses. L’éclat du poli absolument parfait de ce verre noir, conjoint à l’étendue des surfaces planes dispose de fait l’obsidienne à se comporter comme une étrange pierre porte-empreinte. Mais quand l’amateur de pierres le déplore, et qu’armé d’un chiffon, il s’empresse d’effacer les traces de doigts, il comprend tout d’un coup que l’empreinte était déjà là, avant même qu’il ait touché le boc, et que celle-ci, il ne pourra pas la nettoyer. L’empreinte, ou plutôt les empreintes : soit tous ces éclats, ces petites surfaces brisées qui dessinent d’étranges formes concaves, comme si quelque improbable main avait laissé la marque de ses doigts sur la matière fondante et encore malléable. La science minéralogique parle pour sa part de cassure conchoïdale parfaite, pour décrire une forme qui ressemblerait à un coquillage. Mais c’est bien plutôt avec le bout de nos doigts que se joue ici un petit drame de la ressemblance, qui s’amuse d’ailleurs à mêler en une impossible anatomie les deux surfaces qu’offrent ces extrémités : côté pulpe (« l’empreinte digitale » à proprement parler), il faut voir tout ce réseau de délicates ondulations concentriques qui suivent la courbure de l’éclat et côté ongle, si l’on prête attention aux très fines stries parallèles qui se concentrent sur le pourtour. Empreinte sur empreinte.

Bertrand Prévost





Immagine: foto di Félix Prévost